Guide villes Tunisie

> Ville de Tunis, une capitale ambivalente

La capitale de la Tunisie offre une double perspective à ses visiteurs. D’un côté, elle porte les attributs de son riche et lointain passé. C’est la médina, le coeur historique de la ville. Souks, ruelles et mosquées sont l’expression la plus parfaite de l’architecture arabo-musulmane.

D’un autre côté, on voit les traces récentes de l’influence de l’Occident et en particulier de la France. A l’est de la médina, à partir de l’avenue Bourguiba, s’étend la ville moderne. Sur un plan rectiligne sont ordonnés magasins, banques, cafés et immeubles à l’européenne.

Deux ou trois jours ne seront pas de trop pour découvrir les charmes de la capitale et de ses environs. Flâner dans les souks aux parfums d’Orient, boire un thé à la menthe dans un café, s’émerveiller devant les antiquités du musée du Bardo, se reposer sur les plages voisines de la capitale, se balader dans le village de Sidi Bou Saïd et découvrir les vestiges de l’ancienne cité punique de Carthage sont quelques-uns des mille et un plaisirs que vous réserve Tunis.

Souk à Tunis

Souk à Tunis

> Histoire de Tunis

Fondée il y a environ 13 siècles, Tunis a longtemps vécu dans l’ombre de la florissante cité de Carthage. Il fallu attendre le VIIIème siècle pour que la petite ville berbère prenne son envol. Transformée en comptoir commercial par les Arabes, Tunis devint la seconde ville du pays après la très religieuse Kairouan. La ville connut une période de stabilité politique et de développement économique pendant près de trois siècles.

C’est en 1160 que Tunis est proclamée capitale du pays. Sous la dynastie des Hafsides au XIIIème siècle, Tunis assit son influence intellectuelle et religieuse sur le reste du pays. Elle devint également un pôle commercial de premier ordre en Méditerranée. On note au passage que Tunis a vu naître le célèbre historien et philosophe Ibn Khaldoun (1332-1406).

En 1534, les Ottomans s’emparent de la cité. Charles Quint la reprend l’année suivante et la donne aux Espagnols. Tunis passe ensuite sous la domination des beys en 1591. 19 beys husseinites se succéderont jusqu’en 1757.

En 1881, la Tunisie est placée sous le protectorat français avec le traité du Bardo. De nouveaux quartiers sont construits sur le style européen (maisons tournées vers l’extérieur, immeubles de plusieurs étages, grandes avenues...).
Bien que sous le protectorat français, la Tunisie ne résiste pas aux forces allemandes et est occupée en 1942. Elle est libérée par les Britanniques en mai 1943. La Tunisie obtient son indépendance le 20 mars 1956.

Tunisie

Tunisie

> Tozeur : La vie au plein coeur du désert

Mirage ou réalité ? Telle est la question qu’on se pose quand on aperçoit Tozeur au loin. Mais en continuant de se rapprocher, force est de constater que cette oasis, d’où jaillit une forêt de palmiers, est bien réelle.

Tozeur était à l’époque romaine une plaque tournante de l’échange de marchandises. La ville a réussi au fil des siècles à perpétuer cette activité de commerce. Autre point fort, Tozeur est le premier producteur de dattes. N’hésitez pas à vous promener dans sa palmeraie à pied ou en calèche. La palmeraie est alimentée par 200 sources d’eau.

Cette ville de couleur sable possède une architecture bien à elle. Son quartier le plus typique se nomme Ouled el-Hadel. Destination touristique depuis plusieurs dizaines d’années, la ville n’a pas échappé à la construction d’hôtels.
Situé à l’entrée de la zone touristique, le musée Dar Cheraït est sans doute le musée le plus intéressant du sud de la Tunisie. En parcourant ses quelques salles, vous découvrirez la vie de la bourgeoisie de Tunis au XIXème siècle.

Oasis

Oasis

> Le sud tunisien

Tozeur est le point de départ de nombreuses excursions dans le Grand Sud tunisien.

» Nefta, située à 23 km de Tozeur, est une autre oasis réputée en Tunisie. Plus discrète, sa vieille ville est plus simple que celle de Tozeur mais peut-être plus authentique. Le principal point d’attraction de la ville est La Corbeille. C’est une large cuvette de 30 m de profondeur. Elle est couverte de palmiers et offre une atmosphère humide qui est très appréciable.

La palmeraie, que vous pourrez traverser à pied ou en voiture, s’étend aux pieds de la Corbeille. Elle est irriguée naturellement par 152 sources d’eau. Nefta est aussi la 2ème ville sainte après Kairouan. Pour contempler les dunes de sable du Sahara, rendez-vous au site baptisé les dunes à la sortie de la ville. Magique au coucher du soleil.

La palmeraie de Nefta

La palmeraie de Nefta

» Dans la région de Tozeur, vous pourrez partir une journée vous balader dans le Chott el jérid. Le paysage de cette ancienne mer intérieure est surprenant. Attention aux mirages !

» Douz est le lieu d’où partent les excursions pour le Sahara.

» Les fans de George Lucas partiront sur les traces du tournage de sa célèbre trilogie Star Wars. La région de Matmata et de Tataouine a en effet servi de décor aux aventures des jedis. Les paysages lunaires tiennent surtout aux surprenantes habitations de cette région appelées troglodytes.

Elles furent creusées dans la roche par les natifs berbères. Ces habitations souterraines permettaient à la fois de s’abriter de l’extrême chaleur de l’été et du froid de l’hiver.

» Enfin, sur les routes du sud tunisien, vous pourrez voir des ksour (ksar au singulier). Ces villages fortifiés sont construits autour d’une ghorfa, une sorte de grenier à grains. Un ksar peut regrouper plusieurs milliers de ghorfas.

 

Ksour

Ksour

> Hammamet

Attirant tout d’abord les artistes comme André Gide et Paul Klee, Hammamet est devenue en l’espace d’un demi-siècle une station balnéaire ultra touristique. Les riches Tunisiens s’y ont fait également construire leur maison secondaire, signe qui ne trompe pas sur la beauté du site.

Malgré les milliers de touristes qui l’envahissent chaque année, la ville a conservé un certain charme. Sa médina, entourée de remparts, abrite des souks d’étoffes et de parfums. Les rues étroites et fleuries sont une invitation à un lent vagabondage. Si vous y venez au printemps, vous humerez les effluves des fleurs d’oranger. On en oublierait presque de visiter la magnifique villa Sebastian à l’ouest de la ville.

Face à la plage se sont construits de nombreux hôtels de style mauresque. Dernier en date, le complexe touristique Yasmine Hammamet, pseudo-ville greffée à la ville. Ce complexe est composé d’une cinquantaine d’hôtels, de restaurants, d’un port de plaisance, d’un parc d’attraction (Carthageland) et même de la reconstitution d’une médina !
Non loin, Nabeul fait figure de petit village plus authentique. C’est un haut lieu de l’artisanat tunisien. Cette ville a gagné ses lettres de noblesse grâce à sa fabrication de céramiques et de nattes. Les eaux de fleurs d’oranger, de jasmin ou de géranium sont un autre de ses savoir-faire. Le marché, le vendredi matin, attire une foule de touristes et de Tunisiens de toute la région. Si vous vous y rendez, n’hésitez pas à marchander.

Tunisie

Tunisie

> Djerba

Douceur de vivre et plaisirs variés à Djerba

Le mythe de Djerba a commencé dans les chants d’Homère. Les fruits au goût de miel de cette île, les lotos, auraient failli mettre un terme aux pérégrinations d’Ulysse. Qui les goûterait n’aurait plus envie de quitter l’île !

D’un point de vue plus terre à terre, la beauté des plages, la douceur du climat qui fait qu’on parle même d’une cinquième saison et les vestiges du passé ont fait le succès de cet oasis de sable fin.

Djerbinage

Djerbinage

Cette île sans relief (point culminant : 55 m !) se situe dans le golfe de Gabès, au sud de la Tunisie. Elle n’a qu’une véritable agglomération, Houmt Souk. Ce charmant village aux maisons blanchies à la chaux compte plusieurs belles mosquées, mais ce sont surtout ses souks qui attirent les visiteurs.

La côte nord-est, zone touristique, laisse place à des plages désertiques à l’ouest. Dans la campagne parsemée d’oliviers et de palmiers, les habitations sont très dispersées. Ce sont des petites fermes fortifiées, appelées menzels. Elles possèdent souvent un puits qui n’est plus utilisé de nos jours.

Djerba, Tunisie

Djerba, Tunisie

Outre une journée à Houmt Souk, votre séjour devrait inclure en tout état de cause une visite de la synagogue la Ghriba, une promenade à Guellala, un petit village réputé pour ses poteries, et un tour sur le marché de Midoun, le vendredi matin.

Vacances farniente ou vacances sportives ? Djerba vous offre les deux ! Du ski nautique à la plongée sous-marine en passant par l’équitation et le golf, vous pourrez goûter à de multiples activités.

Histoire de l’île

Djerba a connu une histoire mouvementée. Elle fut carthaginoise, puis romaine. De l’époque romaine, il reste aujourd’hui la chaussée de 6 km qui relie l’île au continent. L’île fut aux temps des Romains une importante zone de commerce et d’échanges de marchandises entre l’Afrique et l’Europe.

Au VIIème siècle, les Arabes prirent l’île des mains des Byzantins. Trois siècles plus tard, l’invasion des Kharejites-Ibadhites précipita l’île dans une période de guerre civile entre deux ordres, les Wahabites et les Nakkeriens. Djerba dut également repousser les attaques des puissances bordant la Méditerranée : les Normands de Sicile, les Aragonais, les Chevaliers de Malte, les Espagnols.

Profusion de couleur

Profusion de couleur

Djerba fut au XVIème siècle le pied-à-terre de pirates dont les plus célèbres se prénommaient Dragut et Barberousse. L’Histoire a retenu l’épisode sanglant au cours duquel Dragut massacra des milliers de chrétiens puis édifia sur leurs ossements la tour Borj el-Kébir. L’arrivée au pouvoir des Ottomans en 1610 mit un terme à cette période d’instabilité.

Djerba, conquise par les Tunisiens au XVIIIème siècle, passe sous protectorat français en 1881. Comme le reste de la Tunisie, elle en est libérée en 1956. Les années 1960 sont synonymes de développement touristique.

Des multiples invasions et vagues de migrations, Djerba en a tiré un grand brassage ethnique. Aujourd’hui, les principales communautés de l’île sont les Musulmans et les Juifs. Rendez-vous au musée des Arts et des Traditions populaires pour en savoir plus sur les coutumes de ces communautés.

Bateaux pirates

Bateaux pirates

> Le sahel : Le trio du Sahel : Sousse, Monastir et Kairouan.

Le Sahel, qui signifie rivage en arabe, est la région comprise entre le golfe d’Hammamet et celui de Gabès. Ce littoral est la 2ème zone touristique de Tunisie.

» Sousse, surnommée la "Perle du Sahel", offre tout d’abord de belles plages de sable fin. Fondée par les Phéniciens au IXème siècle avant J.C., Sousse a une longue histoire dont elle a gardé quelques beaux monuments: un ribat, une Grande Mosquée, des remparts, une kasbah (citadelle).

Quels que furent les événements et la domination subie (les Romains, les Vandales, les Byzantins), Sousse a toujours conservé une certaine importance à l’échelle du pays. Un passage au musée archéologique de Sousse vous en apprendra davantage.

Comme la modernité n’est jamais très loin, vous pourrez, le soir venu, vous détendre dans les cafés, restaurants et hôtels de sa marina, Port El Kantaoui. Un autre volet échappe bien souvent aux touristes ; Sousse est la 3ème ville économique du pays. Elle accueille des industries textiles, mécaniques et de matériaux de constructions. Son port de pêche et de commerce est également très actif.

Le port de Sousse

Le port de Sousse

» Monastir est également une importante station balnéaire du Sahel. La ville où naquit l’ancien président Bourguiba a dû se plier à sa vision de modernité. La médina est à présent traversée par de larges avenues et une partie des mosquées et des zaouïas ont disparu dans cette transformation. Heureusement, son imposant ribat et sa Grande Mosquée ont échappé à son envie de place nette. La mosquée et le mausolée Bourguiba illustrent la folie des grandeurs de la grande figure de l’indépendance tunisienne. Avec une longue plage ensoleillée, des hôtels, un golf et un aéroport international, Monastir joue à fond la carte du tourisme.

Coucher soleil

Coucher soleil

» Kairouan, bien que très visitée, ne baigne pas dans une atmosphère touristique. Située dans les terres, cette ville fut le point de départ de la conquête musulmane. Elle fut proclamée ville sainte sous les Aghlabides (800-900). Dès lors, elle se couvrit de mosquées et d’édifices dignes de son nouveau statut. Au Xème siècle, son influence s’étendit sur toute la Méditerranée. Sa Grande Mosquée, construite au VIIème siècle, est l’un des plus importants édifices religieux de l’Islam. Par ailleurs, Kairouan a fait de la fabrication de tapis sa spécialité.

Mosquée de Kairouan

Mosquée de Kairouan